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Le patrimoine sarladais en vidéo

Tous les mois, le service du patrimoine de la ville de Sarlat vous donne rendez-vous en ligne pour vous faire découvrir ou redécouvrir les richesses de la cité.

 

Episode n°5 : François Fournier-Sarlovèze

Quelques mois après avoir été nommé grand-officier de la Légion d’honneur par le roi Charles X, le général Fournier-Sarlovèze s’éteint à Paris le 18 janvier 1827 à l’âge de 55 ans.

Rapatriée dans sa ville natale, sa dépouille est exposée pendant trois jours dans la cathédrale Saint-Sacerdos où les Sarladais viennent le saluer une dernière fois avant de rejoindre le caveau familial où repose sa mère Marie-Anne Borne depuis 1818.

D’une grande générosité, Fournier lègue par testament une rente de 1.500 francs «  à distribuer chaque année entre les trois sous-officiers de cavalerie les plus anciens et les plus méritants ».

En 1859, dans le cimetière de la ville,  les Sarladais qui lui vouaient une admiration sans borne élèvent pour honorer sa mémoire un tombeau en forme de pyramide, clin d’œil en son engagement maçonnique.

Sur la façade, un médaillon de bronze, le représentant de profil et entouré d’une couronne de laurier, a été sculpté par d’Alsa et restauré en 2013.

Nous trouvons également des armoiries totalement fictives représentant une salamandre dans un ovale tenant dans ses pattes un étendard et un sabre. Cet ovale est surmonté d’une couronne comtale et se termine par la croix de la Légion d’honneur. De chaque côté se tiennent un cheval et un hussard, rappels de son appartenance au régiment de cavalerie.

De plus, sur les deux autres faces du tombeau, nous pouvons admirer un résumé de la rapide et brillante carrière militaire de Fournier.

En 2017, lors des journées du patrimoine, la ville a organisé une reconstitution historique autour de Napoléon. Durant cet évènement, le cortège s’est recueilli devant le tombeau du général sarladais au caractère bien trempé.

 


 

Episode n°4 : L’orgue de la cathédrale

Achevé en octobre 1752 par Jean-François Lépine, l’orgue de la cathédrale de Sarlat, malgré quelques transformations au 19ème siècle puis au début du 20e et une première restauration dans les années 1960-64 après son classement comme  Monument historique, était devenu vers 1980 très fatigué, à la fois niveau de la mécanique et au plan sonore.

Il fut décidé une nouvelle, grande et profonde restauration en s’appuyant cette fois sur les connaissances récentes de la facture des 17e et 18e siècles.

C’est Bertrand Cattiaux avec les compagnons de son entreprise qui conduisit les travaux de la partie instrumentale de mai 2001 à mai 2005. L’entreprise Férignac de Hautefort étant chargée du Buffet des parties sculptées. L’objectif est de redonner à l’orgue son état et son caractère d’origine  par des opérations qui nécessitent beaucoup de soin.

Le démontage

Avec beaucoup d’attention, il s’agit de déposer toutes les pièces de l’instrument, chacune étant examinée sur place et emballée avec précaution, notamment les tuyaux.
En atelier, commence le nettoyage et une étude précise (chaque tuyau nécessitant pas moins de 15 mesures).  Il s’agit de déterminer le travail à effectuer  pour  réparer et retrouver à chaque pièce sa fonction et sa place ou en construire de nouvelles

La reconstruction

L’orgue étant  un instrument à vent, il faut reconstituer la soufflerie d’après le devis de Lépine.

Ensuite la mécanique qui permet à la demande de l’organiste de transmettre ce vent aux tuyaux et les faire chanter (sommiers, claviers, abrégés, alimentation en vent…)

Enfin, remettre en place la partie sonore. Réinstallation des tuyaux anciens restaurés, de nouveaux (en bois de chêne) ou en métal (étain et plomb).

Ce remontage s’est effectué d’avril 2004 à février 2005.

L’harmonisation

Dernière étape, phase la plus délicate, la mise en harmonie. Permettre à chaque tuyau de parler juste avec son timbre propre en accord avec  ceux de la même sonorité et l’ensemble des autres timbres de l’orgue (37 jeux  pour 2580 tuyaux).

Par son habileté, le facteur redonne ainsi à l’instrument sa personnalité dans l’acoustique du lieu. « La cathédrale  de Sarlat ayant une acoustique particulièrement remarquable à la fois ample et précise » cette étape a duré de février 2005 à mai 2005.

Orgue classique français, restauré, il a sonné le 15 mai 2005 sous les doigts de son titulaire  pour la bénédiction par Mgr Mouisse, évêque de Périgueux et Sarlat, et grâce  au talent de Michel Bouvard pour le concert d’inauguration

 


 

Episode n°3 : Sarlat en 1750

À partir de la 2de moitié du XVIIIe s., Sarlat connait des travaux d’urbanisme qui vont quelque peu transformer sa structure médiévale, régler la question de la salubrité, rendre la ville plus pratique et l’embellir.

 

Afin de remédier à la mauvaise circulation du ruisseau de la Cuze et au manque d’hygiène, le subdélégué Baudot de Jully condamne en 1759 tous les riverains à nettoyer la partie du ruisseau qui coule le long de leurs maisons. Des travaux d’entretiens sont aussi réalisés sur les ponts et aqueducs. D’autant que la fréquence des inondations aggrave considérablement la situation, celle de 1770 oblige la municipalité à ouvrir un pan de murailles pour que l’eau puisse s’écouler.

Durant cette période, les consuls cherchent aussi à embellir la ville, en l’aérant et en créant des lieux de détente. En 1750, l’intendant de Guyenne, secondé à Sarlat par Baudot de Jully, prend la décision de démolir le rempart et de combler les fossés. Ainsi, le rempart est ouvert progressivement en plusieurs points et les anciennes portes sont modifiées. Les travaux d’aplanissement des fossés engendrent de nombreux dégâts sur les maisons situées à proximité. Les consuls dédommagent les habitants concernés devant la multiplication des plaintes. Cette politique d’amélioration des fossés et de leur transformation en boulevards dure jusqu’en 1832.

Plan de Sarlat de 1624, d’après le chanoine Jean Tarde

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Episode n°2 : La Chambre d’Etienne

Arno Fabre est un artiste éclectique, inclassable. Il aime se dire « méticuleux voire maniaque, persévérant voire entêté ». Grâce à cette méticuleuse obstination et avec une étonnante liberté de pensée et de moyens, il  dessine son parcours parmi tracteurs, robinets, bruits, mots, machines, danse contemporaine, taille de pierre, photographie, textes de loi, urbanisme et musique contemporaine.

Poétiques autant que réflexives, ses œuvres nous déplacent et nous bousculent dans notre rapport au monde. Ses installations sonores (Dropper01, Les Souliers, Composition pour trois radios, Astragale Zénon l’arpenteur … ) et son travail sur le paysage, la loi et le sauvage (Contre-nature Lois et paysages, Tunning Landscape, Loup y es-tu ?, Ne surtout pas l’ignorer, The Evergreen …) sont invités en France et à l’étranger, lors d’expositions d’art contemporain, de festivals de musique contemporaine, de marionnettes ou d’art électronique.


La chambre d’Etienne – installation

Lorsqu’il arrive à Sarlat, Arno Fabre se voit attribuer une pièce de travail dans la maison de La Boétie qui abrite les locaux du service du Patrimoine. Il se rend compte que la célèbre façade n’est finalement qu’un mur d’apparat mitraillé par les appareils photo des touristes et que personne n’a la curiosité d’aller voir derrière ou de s’intéresser de plus près à la personne ou à l’œuvre de La Boétie.

Qui a lu le Discours de la servitude volontaire ? Le texte, certes, est subversif, on dirait aujourd’hui « pas politiquement correct ». Arno Fabre se plaît à jouer les agitateurs.

Qui se soucie vraiment d’Etienne ? En novembre, on fête les 480 ans de sa naissance. L’idée était de donner une seconde vie à la pièce investie, de l’habiter avec les mots de l’auteur. La chambre d’Etienne est tapissée du Discours de la servitude volontaire. L’artiste a tout calculé pour faire entrer le texte (en moyen français) sur les quatre murs, au centimètre près. 2000 caractères, 67 lignes espacées de 4,3 cm, 1,167 km de texte, des heures et des heures d’écriture appliquée… Il  souhaite amener le public à s’interroger et à dépasser l’artifice de façade. Ainsi, une vidéo réalisée suite à une enquête menée auprès des passants sera diffusée dans La Chambre d’Etienne.

Vous souhaitez visiter la Chambre d’Etienne ? Contactez le service du patrimoine au 05 53 29 82 98 pour prendre rendez-vous.

LA CHAMBRE D’ETIENNE – making oF from Arno Fabre on Vimeo.


Le B.U.P. (Banc d’utilité publique)

Arno Fabre ne s’arrête pas à ce premier défi. En collaboration avec les sections Menuiserie, Usinage et Systèmes Automatiques du  lycée professionnel Pré de Cordy, il crée un banc recouvert de picots. L’usager doit glisser une pièce dans un monnayeur, déclenchant pour une durée limitée l’affaissement des picots. Dans nos sociétés modernes où le temps est optimisé, le banc public devient emblématique de la méfiance face à celui qui prend le temps de s’asseoir, qu’il soit étranger, nomade, amoureux malade…au moment même où les politiques publiques prônent de la mixité. Arno Fabre propose donc, non sans ironie, le BUP aux urbanistes et politiques.

 


 

Episode n°1 : les réserves municipales

En 2010 la conversion d’un ancien bâtiment industriel (une ancienne conserverie) en réserves muséales est achevée. Le chantier des collections consiste alors à rassembler l’ensemble des collections jusqu’alors éparpillées dans différents lieux de stockage, pour la plupart peu appropriés, dans ce nouveau site offrant des conditions de conservation optimales.

Pour répondre aux contraintes techniques, budgétaires et humaines, cette opération d’envergure se déroule sur 5 années, fractionnant le travail par lieu et par type de collection.

  • En 2010, la chapelle des Pénitents blancs est entièrement vidée des collections lapidaires, textiles liturgiques, arts sacrés, et sculptures qu’elle contenait.
  • En 2011, ce sont les collections d’arts graphiques et photographiques qui font l’objet d’un grand chantier de conservation préventive.
  • En 2012, l’opération concerne les tableaux.
  • En 2013, les collections ethnographiques sont traitées.
  • Enfin, en 2014, le traitement du fonds Maurice Albe, réalisé petit à petit au cours des années, est terminé.

Au cours du chantier des collections, le récolement est réalisé : vérification sur pièce et sur place de chaque œuvre inventoriée sur le registre du musée, avec la création ou la mise à jour d’une notice informatique Actimuséo (logiciel de gestion informatique des collections).

Chapelle des Pénitents Blancs

Les collections « d’art sacré » et d’objets liturgiques hérités de l’ancien musée dormaient jusque là  dans la nef de la chapelle des Pénitents blancs. Les objets seront récolés, dépoussiérés, nettoyés, avant d’être transférés aux réserves.

Désinfection par congélation

Avant de rentrer dans le bâtiment, tous les objets composés de matière organique (bois, textiles,…) ont du être désinfectés (élimination des moisissures et insectes nuisibles). Pour ce faire les agents ont innové, avec une technique peu usitée, tout aussi efficace que l’anoxie (privation d’oxygène) mais plus adaptée à nos besoins : la congélation !

Un camion frigorifique, loué pour l’occasion, a maintenu les objets plus de 24h entre -25° et -30° C !

Locaux de l’ancienne usine Joubès

Dans ces sous-sols, anciens entrepôts frigorifiques, étaient entreposés des dizaines d’objets entrant dans la catégorie dite «ethnographique» : outils industriels, d’artisanat, ustensiles du quotidien, instruments halieutiques, etc…

Il a fallu les localiser exactement, les répertorier, les nettoyer, les photographier, les loger dans des caisses et les transporter jusqu’aux réserves pour les y ranger à nouveau.

Ancien Evêché

Au deuxième étage du palais épiscopal, dans une grande salle, étaient entreposés depuis des décennies des œuvres d’art (tableaux, photos, sculptures) léguées par Emmanuel Lasserre (à l’origine de la bibliothèque municipale) et André Couzinou (chanteur d’opéra et amateur d’art) deux illustres sarladais du début du XXe siècle.

 

Vous avez des questions ? Le service du patrimoine y répond !
Contactez-les par mail : sarlat.musee@wanadoo.fr